Un été pas comme les autres

Depuis quelques mois, un virus a frappé aux portes du monde et est venu prendre une grande place dans nos vies, avec des quarantaines, des confinements imposés, des ports de masques obligatoires, des nouvelles mesures de distanciation sociale…

Et maintenant, quelques mois après, où en sommes-nous?

C’est l’été en suisse. Un été à rester sur sol suisse et à se demander quand viendront les vacances (pas pour partir, mais juste un break, un vrai). Un été bizarre; les choses ralentissent et en même temps le virus reprend sa place. Des foyers se créent par ci par là. Il ravage d’autres pays, il est partout. L’incertitude est toujours bien présente: on ne sait finalement toujours pas ce qui adviendra pour les prochains mois et il semble qu’il faille faire avec, faire avec ce virus, apprendre à vivre avec…

Récemment, un ami a publié son week-end en Italie sur les réseaux, et a témoigné de l’incertitude qui règne, des nombreux questionnements face au voyage en ce moment. Sommes-nous en sécurité en voyageant dans le pays d’à côté? Quelles sont les précautions à prendre dans le pays en question? Est-ce que le virus est encore pris au sérieux?

En bref, c’est un été pas comme les autres…

16 avril 2020 : l’émergence de ressentis nouveaux

Le Covid-19… Nous nous attendions à quelque chose qui devait nous arriver prochainement, à nous, générations en Europe, qui n’avons pas vécu directement la guerre. Une pandémie a alors montré son nez, mais tant que cela ne touchait que la Chine, nous ne nous sentions finalement pas vraiment concernés. Une fois que cela a touché l’Italie, c’était plus proche de nous, et cela a commencé à faire « peur ». J’ai personnellement commencé à m’inquiéter et à pleurer parfois de ce que les italiens avaient à vivre. Un de mes très proches amis habite vers Venise. Mon premier réflexe a été de lui écrire pour prendre des nouvelles. Je réalisai que mes proches pouvaient eux-aussi être touchés. 

De nombreuses choses tourbillonnaient dans ma tête et parfois je me sentais un peu dépassée par la situation… Je n’ai pas tout de suite compris ce qu’il se passait, mais j’étais, en fait, anxieuse. L’anxiété, je l’ai très peu ressenti auparavant. Je me posais la question: « Qu’est ce que j’ai, qu’est ce qui se passe, pourquoi je me sens comme ça, je vais bien c’est bizarre ». Je crois ne pas pouvoir vraiment l’expliquer. Je me fais sûrement du souci pour les miens inconsciemment. De plus, je me sens très isolée pendant cette période, étant quelqu’un de très attachée au contact humain et aux interactions sociales, je pense qu’une anxiété s’est construite à cause de cet isolement un peu abrupt. Je travaillais aussi volontiers dans des structures avec des jeunes, et tout ça n’est maintenant plus possible. 

Cette expérience, que nous vivons tous, peut nous chambouler, et j’aimerais partager que cela est normal, d’avoir peur, d’être inquiet, d’avoir des moments où on se sent plus vulnérables. Je pense que nous devons laisser venir ces ressentis et les exprimer de la façon qui nous convient le mieux. 

Je les exprime par l’écrit, entre autre. Mettre des mots sur mes émotions aident à mieux comprendre ce qu’ils sont. Ecouter de la musique ou faire quelques minutes de Yoga m’aident aussi à me recentrer et à me calmer dans des moments de tension. 

Le voyage, un moyen de m’ouvrir à d’autres perspectives

Ce Covid-19 nous prive du voyage et de la découverte d’autres horizons, pour revenir peut être aux horizons que l’on a finalement sous notre nez. Ce n’est pas une mauvaise chose selon moi! On apprend à apprécier ces paysages qui ont toujours été sous notre nez et à apprécier notre quotidien.

Le voyage reste une richesse et une chance. Il m’a permis de découvrir d’autres cultures et d’autres perspectives de vie, ce qui m’a alors permis de relativiser certaines choses et d’apprécier les choses simples. M’émerveiller devant un paysage, M’émerveiller devant une pratique culturelle, M’émerveiller devant une personne qui nous raconte son histoire… Le voyage m’a vraiment permis d’ouvrir mes horizons, à devenir plus critique et plus indulgente.

Quel voyage a été le plus marquant? Chaque voyage m’a apporté quelque chose. La Mongolie m’a donné, par exemple, l’opportunité de découvrir une culture de vie nomade, des rencontres uniques et des paysages à couper le souffle d’une nature encore intacte. Le Cambodge fut une expérience tout aussi exceptionnel, j’ai rencontré des locaux et des voyageurs incroyables. Une de ces relations est restée et cette femme, que j’avais rencontré pendant un projet volontariat, est devenue l’une de mes plus proches amies. Puis, la Tasmanie (cf. paysage sur la photo), m’a apporté la richesse de sa nature, de ses parcs nationaux infinis et de ses habitants peu touchés par le tourisme. De chaque voyage, une expérience de vie en est ressortie. Ce n’est pas tellement ce que j’ai vu qui compte, c’est ce que ça a provoqué intérieurement chez moi et les personnes avec qui j’ai pu partager ces moments. Je crois que l’on ne doit pas oublier en voyageant que nous allons chez des gens, qui eux aussi rêveraient de voyager mais n’en n’ont pas forcément toujours l’opportunité ou les moyens, et que partager un moment avec eux peut leur apporter et nous apporter des choses que l’on aurait pas forcément imaginer. Agir de manière solidaire, reconnaissante et dans le partage m’est important en voyageant…

Le Covid-19 nous rappelle aussi notre consommation aérienne et notre consommation parfois excessive des voyages lointains. Nous devons nous rappeler que ces expériences sont toutes uniques et que ce n’est certainement pas le nombre qui importent, mais la qualité du voyage en lui-même qui importe.

La nature… un moyen pour se ressourcer…

Les photos sur ce diaporama sont tirés de mon voyage aux Galapagos…

La nature, elle est ma ressource… Elle me permet de retourner aux choses simples. Elle a la force de me surprendre. Elle me donne des ailes. Elle me ramène à l’essentiel… Me promener dans la forêt à côté de chez moi pendant cette crise de Covid-19 est ce qui me ressource et me redonne de l’énergie. Avec cette brise sur mon visage, les oiseaux qui chantent et le bruitage des feuilles dans les arbres, mon esprit peut se relâcher…

Et le voyage alors? Le voyage est un moyen pour moi de m’évader, et de prendre l’air de mon quotidien et de découvrir de nouvelles perspectives de vie…

(Prochaine article à venir sur le voyage)

Le coronavirus: Un tournant dans nos vies

Un bilan après 4 semaines confinée chez moi

Depuis 4 semaines, pour certains, nous sommes confinés chez nous, à ne plus voir nos proches, nos amis, nos collègues de travail, à ne plus pratiquer nos activités à l’extérieur… Nous avons dû nous réhabituer à un tout nouveau contexte de vie et bousculer notre quotidien. Il s’agit donc d’un tournant dans nos vies… 

Dans mon cas, ces 4 dernières semaines ont été différentes choses. Tout d’abord cela a été un retour à moins de transports publics par jour, sachant que j’avais environ 3h de trains pour aller et revenir du travail. Ce dégagement m’a permis de répartir mon temps différemment. Par exemple, j’ai pu consacrer 1h par jour pour faire du Yoga le matin, ou encore pour simplement prendre du temps de me poser et pour réfléchir.  

Cependant, le télétravail m’étant imposé, il fallait donc un rééquilibre au niveau de mon organisation. Au début, cela me paraissait tout à fait convenable et facile à mettre en place. Avec les semaines qui passèrent, il s’avérait que de travailler à 100% depuis la maison est devenu plus difficile. Répartir ces heures, ainsi que séparer vie privée et vie professionnelle n’est en fait pas si évident. Il faut retrouver un équilibre. Je cherche toujours cet équilibre après 4 semaines. Il est vrai que je n’avais pas réalisé, auparavant, le luxe de pouvoir sortir de chez soi et de pouvoir aller travailler ailleurs que chez soi. J’ai alors pu prendre conscience de cela avec le Coronavirus. 

Mon couple est bien entendu touché par cette situation. Nous passons beaucoup de temps ensemble, ce qui est positif. Nous revenons à des choses simples, comme des promenades, se faire à manger, prendre du temps sur notre balcon, à jouer au Scrabble. Je pense sincèrement que notre couple ressortira plus fort de cette expérience, malgré les disputes un peu plus fréquentes.

N’avons-nous pas oublier finalement, les choses simples, dans notre société allant à mille à l’heure? 

J’en conclus que la prise de conscience est forte.

Le silence et le calme sont aussi les clés pour écouter et entendre notre conscience intérieure. 

J’ai personnellement beaucoup plus conscience encore de la chance que j’ai de pouvoir sortir de chez moi. Ce n’est de loin pas le quotidien de tout le monde. Un ami du Brésil m’avait raconté sa peur de sortir de chez lui chaque jour, et à quel point ils étaient limités dans leurs mouvements. Aujourd’hui je crois que le Coronavirus me permet directement de comprendre ce que c’est l’accès à la liberté et de pouvoir être libre de faire « ce qu’on veut quand on veut ».