Anna, an italian woman from Milan, sharing her story “we are safe, I am so grateful for it!”

Some weeks ago I wrote the following letter:

« I am Anna, I am from Milan and I am currently living and working nearby Milan, in Lombardy, the Italian region most-hit from covid-19.

I am going to start today my 10th week of confinement at home, with country rules which became gradually more thought. I live in a small apartment with my husband and the first weeks I could get out, have jogging and visit my brothers and sisters who lived 1 Km away from here. But now, I can just walk once per day (alone) for 200 mt from my home and I can’t visit anyone, for any reason. Last time I saw my friends and my family was the 8th of March. Is it difficult? Yes, it is. Every day I look for huge hugs from my husband because I miss so many hugs from my family and my friends. We spent the first Easter in 2 (in Italy we are used to have minimum 20 people for a lunch together during holydays). But I am very lucky, I must say it: I can easily work from home and I have a safe place where to stay, with the most important person of my life. I can workout at home and all my family is safe.

When everything began I was very scared: our life was changing so fast and there was so much uncertainty on this virus. My husband couldn’t work from home and there was also the possibility for him to loose his job. But, most importantly, I was afraid for my grandma (and still I am). She is my favorite person in my family, but she is old, she has a lung cancer and she lives in Milan in an apartment with my grandpa alone. From the first time I called her and I keep on doing it almost every day: she is not scared of the virus, but she is missing us human contact so much. Some weeks ago she told me “Every morning I hope for someone to ring the bell, I of course hope it could be someone of my family, but anyone else it’s fine enough! And you know what? Everyday there is someone who come to visit me: a week ago I saw a cute bird on the balcony, and in a week I followed him making a nest in the tree in front of us! Yesterday, the cat of the neighbor jumped in the balcony next to us and he stayed there all day long. There are so many stuff happening here around!”. It was of course a discussion just to reassure me since she knows I am worried…but this was for me a turnover in this quarantine. Since that moment on, I started focusing on what I am grateful for, and not on what I am missing.

I can see that this circumstance is going to change our life, but I can see also that any change in life needs us to look at it as a chance and not a disgrace. When I was helping an adolescent doing his jobs last year in Geneva, I remember him told me “I don’t wanna become an adult, there are so many difficulties: you have to pay for your own apartment, you have to take care of it, you have to pay bills, find a job and so on and so forth…that’s annoying”. Of course, any change could be seen as difficult if you look at it from the outside, but when you’re living it…it can even be marvelous.”

I was planning to integrate this letter in the coming days. And a week ago – still having these conditions in Italy – my home completely burned down. Something happened in the apartment over my house, and when the firefighters arrived at my building, the flames had already devastated the entire building, and my apartment as well. My husband and I just bought that apartment 4 month ago and while everyone is keeping on telling us “stay at home” because of Covid-19, we don’t have an home anymore. We slept at my parents’ for some days but they don’t have enough space, therefore we finally found an apartment to rent…for the next 6 months (since we have been told we can’t go back to our home before). I just read the letter I wrote again and I want to send it exactly as it is. I cried a lot due to this situation, I felt lost and restless. But what I experienced during lockdown and I wrote in this letter worked deeply on me and my husband. The day after the fire my husband told me “we are safe, I am so grateful for it!” In this unforeseeable situation, where I lost everything I had (not only the physical connection with my beloved one) I really want to keep my mind up looking at what I do have in my life, to better face the changed life I have ahead.

16 avril 2020 : l’émergence de ressentis nouveaux

Le Covid-19… Nous nous attendions à quelque chose qui devait nous arriver prochainement, à nous, générations en Europe, qui n’avons pas vécu directement la guerre. Une pandémie a alors montré son nez, mais tant que cela ne touchait que la Chine, nous ne nous sentions finalement pas vraiment concernés. Une fois que cela a touché l’Italie, c’était plus proche de nous, et cela a commencé à faire « peur ». J’ai personnellement commencé à m’inquiéter et à pleurer parfois de ce que les italiens avaient à vivre. Un de mes très proches amis habite vers Venise. Mon premier réflexe a été de lui écrire pour prendre des nouvelles. Je réalisai que mes proches pouvaient eux-aussi être touchés. 

De nombreuses choses tourbillonnaient dans ma tête et parfois je me sentais un peu dépassée par la situation… Je n’ai pas tout de suite compris ce qu’il se passait, mais j’étais, en fait, anxieuse. L’anxiété, je l’ai très peu ressenti auparavant. Je me posais la question: « Qu’est ce que j’ai, qu’est ce qui se passe, pourquoi je me sens comme ça, je vais bien c’est bizarre ». Je crois ne pas pouvoir vraiment l’expliquer. Je me fais sûrement du souci pour les miens inconsciemment. De plus, je me sens très isolée pendant cette période, étant quelqu’un de très attachée au contact humain et aux interactions sociales, je pense qu’une anxiété s’est construite à cause de cet isolement un peu abrupt. Je travaillais aussi volontiers dans des structures avec des jeunes, et tout ça n’est maintenant plus possible. 

Cette expérience, que nous vivons tous, peut nous chambouler, et j’aimerais partager que cela est normal, d’avoir peur, d’être inquiet, d’avoir des moments où on se sent plus vulnérables. Je pense que nous devons laisser venir ces ressentis et les exprimer de la façon qui nous convient le mieux. 

Je les exprime par l’écrit, entre autre. Mettre des mots sur mes émotions aident à mieux comprendre ce qu’ils sont. Ecouter de la musique ou faire quelques minutes de Yoga m’aident aussi à me recentrer et à me calmer dans des moments de tension. 

Le voyage, un moyen de m’ouvrir à d’autres perspectives

Ce Covid-19 nous prive du voyage et de la découverte d’autres horizons, pour revenir peut être aux horizons que l’on a finalement sous notre nez. Ce n’est pas une mauvaise chose selon moi! On apprend à apprécier ces paysages qui ont toujours été sous notre nez et à apprécier notre quotidien.

Le voyage reste une richesse et une chance. Il m’a permis de découvrir d’autres cultures et d’autres perspectives de vie, ce qui m’a alors permis de relativiser certaines choses et d’apprécier les choses simples. M’émerveiller devant un paysage, M’émerveiller devant une pratique culturelle, M’émerveiller devant une personne qui nous raconte son histoire… Le voyage m’a vraiment permis d’ouvrir mes horizons, à devenir plus critique et plus indulgente.

Quel voyage a été le plus marquant? Chaque voyage m’a apporté quelque chose. La Mongolie m’a donné, par exemple, l’opportunité de découvrir une culture de vie nomade, des rencontres uniques et des paysages à couper le souffle d’une nature encore intacte. Le Cambodge fut une expérience tout aussi exceptionnel, j’ai rencontré des locaux et des voyageurs incroyables. Une de ces relations est restée et cette femme, que j’avais rencontré pendant un projet volontariat, est devenue l’une de mes plus proches amies. Puis, la Tasmanie (cf. paysage sur la photo), m’a apporté la richesse de sa nature, de ses parcs nationaux infinis et de ses habitants peu touchés par le tourisme. De chaque voyage, une expérience de vie en est ressortie. Ce n’est pas tellement ce que j’ai vu qui compte, c’est ce que ça a provoqué intérieurement chez moi et les personnes avec qui j’ai pu partager ces moments. Je crois que l’on ne doit pas oublier en voyageant que nous allons chez des gens, qui eux aussi rêveraient de voyager mais n’en n’ont pas forcément toujours l’opportunité ou les moyens, et que partager un moment avec eux peut leur apporter et nous apporter des choses que l’on aurait pas forcément imaginer. Agir de manière solidaire, reconnaissante et dans le partage m’est important en voyageant…

Le Covid-19 nous rappelle aussi notre consommation aérienne et notre consommation parfois excessive des voyages lointains. Nous devons nous rappeler que ces expériences sont toutes uniques et que ce n’est certainement pas le nombre qui importent, mais la qualité du voyage en lui-même qui importe.

La nature… un moyen pour se ressourcer…

Les photos sur ce diaporama sont tirés de mon voyage aux Galapagos…

La nature, elle est ma ressource… Elle me permet de retourner aux choses simples. Elle a la force de me surprendre. Elle me donne des ailes. Elle me ramène à l’essentiel… Me promener dans la forêt à côté de chez moi pendant cette crise de Covid-19 est ce qui me ressource et me redonne de l’énergie. Avec cette brise sur mon visage, les oiseaux qui chantent et le bruitage des feuilles dans les arbres, mon esprit peut se relâcher…

Et le voyage alors? Le voyage est un moyen pour moi de m’évader, et de prendre l’air de mon quotidien et de découvrir de nouvelles perspectives de vie…

(Prochaine article à venir sur le voyage)

Paul, 24 years old, working for a Canadian airline, no more flying now…

My name is Paul, and I am a flight attendant working for a Canadian airline. I love flying so much that I used to be away from home working almost 20 days a month. But now, I’m grounded. No more fancy layovers, no more working with people, no more take offs and landings, no more flying. Zero.

This has been such a big part and focus of my life. Now this being taken away from me makes me feel extremely empty and lost. Living by myself probably makes it worse, as I wasn’t allowed and shouldn’t be seeing friends and family or even making non-essential trips outside of home due to governmental regulations. Not talking to a single living person (FaceTime is still really different) makes me feel obviously lonely and sometimes repressed. I remember telling my sister several times that I’d probably get depression if I’m locked completely in my house and I am not even trying to be funny.

I have been trying to keep myself busy over the past few weeks, but it isn’t easy given the current crisis. There aren’t a lot of job opportunities at the meantime and a lot if not all of schools and agencies are shut down due to the virus. I feel helpless sometimes but have to constantly remind myself that this would be over one day and I just have to be more patient. However since most of my peers and family are still in Taiwan, seeing them continue to go on with their lives as usual (Shout out to the Taiwanese government!!) does give me a very complicated feeling, as I feel like I’m the only one wasting time, passively waiting for all this to be over.

I consider myself as an independent and emotionally strong person. I personally and already find it really hard at this time so I couldn’t even imagine what it’s like for others who are not mentally as tough as I am. I do hope that sharing this would let more and more people know that you are not alone and we are all in this together. 

And of course, Kudos and Thank you to all the frontline medical and healthcare workers. You guys are the best. Hope that we will all get out of this soon, and I’ll see you in the friendly skies one day.

Le coronavirus: Un tournant dans nos vies

Un bilan après 4 semaines confinée chez moi

Depuis 4 semaines, pour certains, nous sommes confinés chez nous, à ne plus voir nos proches, nos amis, nos collègues de travail, à ne plus pratiquer nos activités à l’extérieur… Nous avons dû nous réhabituer à un tout nouveau contexte de vie et bousculer notre quotidien. Il s’agit donc d’un tournant dans nos vies… 

Dans mon cas, ces 4 dernières semaines ont été différentes choses. Tout d’abord cela a été un retour à moins de transports publics par jour, sachant que j’avais environ 3h de trains pour aller et revenir du travail. Ce dégagement m’a permis de répartir mon temps différemment. Par exemple, j’ai pu consacrer 1h par jour pour faire du Yoga le matin, ou encore pour simplement prendre du temps de me poser et pour réfléchir.  

Cependant, le télétravail m’étant imposé, il fallait donc un rééquilibre au niveau de mon organisation. Au début, cela me paraissait tout à fait convenable et facile à mettre en place. Avec les semaines qui passèrent, il s’avérait que de travailler à 100% depuis la maison est devenu plus difficile. Répartir ces heures, ainsi que séparer vie privée et vie professionnelle n’est en fait pas si évident. Il faut retrouver un équilibre. Je cherche toujours cet équilibre après 4 semaines. Il est vrai que je n’avais pas réalisé, auparavant, le luxe de pouvoir sortir de chez soi et de pouvoir aller travailler ailleurs que chez soi. J’ai alors pu prendre conscience de cela avec le Coronavirus. 

Mon couple est bien entendu touché par cette situation. Nous passons beaucoup de temps ensemble, ce qui est positif. Nous revenons à des choses simples, comme des promenades, se faire à manger, prendre du temps sur notre balcon, à jouer au Scrabble. Je pense sincèrement que notre couple ressortira plus fort de cette expérience, malgré les disputes un peu plus fréquentes.

N’avons-nous pas oublier finalement, les choses simples, dans notre société allant à mille à l’heure? 

J’en conclus que la prise de conscience est forte.

Le silence et le calme sont aussi les clés pour écouter et entendre notre conscience intérieure. 

J’ai personnellement beaucoup plus conscience encore de la chance que j’ai de pouvoir sortir de chez moi. Ce n’est de loin pas le quotidien de tout le monde. Un ami du Brésil m’avait raconté sa peur de sortir de chez lui chaque jour, et à quel point ils étaient limités dans leurs mouvements. Aujourd’hui je crois que le Coronavirus me permet directement de comprendre ce que c’est l’accès à la liberté et de pouvoir être libre de faire « ce qu’on veut quand on veut ».

Fabio, an italian pharmacist, « happiness is only real when shared »

I’m an Italian pharmacist, one of those workers who’s living this time among the people but at the same time far away from the ones I care the most. It’s a weird situation to feel alone seeing everyday hundreds of faces (or it’d better to say hundreds of masks).

This happens because the love we receive from your family, partner and friends is the real happiness of our lives and this pandemic is surely helping me to better understand the value of it and which has to be my priority. This is the most important lesson I’ve learnt and borrowing a quote from ‘Into the wild’, it hasn’t been clearer to me how much true is that ‘happiness is only real when shared’.

A big hug to everyone is feeling or has to face this time alone!